Remboursement des traitements médicamenteux de l'obésité
C'est une annonce importante pour les patients en situation d'obésité : l'Assurance Maladie remboursera les traitements médicamenteux de l'obésité Wegovy® (sémaglutide) et Mounjaro® (tirzépatide) à compter du 15 juin 2026 !
Quelles conditions ?
Le remboursement concernera les adultes en échec de suivi sur des modifications du mode de vie durant 6 mois (perte de poids <5%) ET présentant :
un IMC supérieur ou égal à 35 kg/m² associé à au moins une comorbidité (voir liste en bas de page*) ;
ou un IMC supérieur ou égal à 40 kg/m², avec ou sans comorbidité.
Pour que ces traitements soient remboursés par l’Assurance Maladie, ils doivent obligatoirement s’inscrire dans un parcours de soins spécifique et gradué. Une des conditions concerne la première ordonnance (prescription initiale), qui doit impérativement être rédigée par un prescripteur habilité (détaillé plus loin). Ces prescripteurs sont des médecins impliqués dans la prise en charge de l’obésité sévère ou complexe (niveaux de recours 2 et 3).
Qui peut prescrire ?
Sont ainsi exclusivement habilités à initier une prescription de ces traitements, en vue d’une prise en charge :
1/ Les médecins spécialistes en endocrinologie-diabétologie-nutrition (spécialité EDN ou anciennement EDMM), médecins compétents en nutrition (médecin titulaire d’un DESC, d’une FST appliquée ou d’une VAE nutrition), chirurgiens bariatriques titulaires du DIU de chirurgie de l’obésité exerçant dans les structures suivantes :
Un Centre Spécialisé de l’Obésité (CSO).
Une Structure de Soins Médicaux et de Réadaptation (SMR) mention « gastro-entérologie, endocrinologie, diabétologie, nutrition ».
Un CHU
2/ Les médecins experts impliqués dans la prise en charge de l’obésité suivants :
Les médecins coordinateurs de Parcours Coordonné Renforcé (PCR) « Obésité complexe ».
Les médecins spécialistes en endocrinologie-diabétologie-nutrition (spécialité EDN ou anciennement EDMM). Dans ce cas, le prescripteur doit exercer en lien avec un CSO. La formalisation de ce lien avec un CSO passe par l’existence d’une charte entre le spécialiste en endocrinologie et le CSO ou par une activité médicale en cours (au moins partielle) en CSO.
Lors de l’initiation d’un traitement médicamenteux à base d’analogues de GLP1, le prescripteur remet au patient un justificatif d’accompagnement à la prescription (saisie dématérialisée via le téléservice de l’Assurance Maladie sur amelipro) qui confirme l’éligibilité à une prise en charge par l’assurance maladie au regard de la liste des indications prises en charge et de la qualité du prescripteur.
Une fois le traitement médicamenteux initié par l’un de ces spécialistes, le renouvellement des ordonnances (prescriptions) et le suivi pourra ensuite être effectué par tout autre médecin, comme le médecin traitant.
Taux de remboursement
Le taux de remboursement sera de 65 %. Cependant, dans de nombreux cas, les patients souffrant d’affections associées pourraient bénéficier d’une prise en charge proche de 100 % via les dispositifs habituels de l’Assurance Maladie et des complémentaires santé.
Note de prudence : Les informations présentées pourront être amenées à évoluer. Cet article sera actualisé dès publication de ces précisions.
Liens utiles
*Liste des comorbidités :
un diabète de type 2 ;
une HTA nécessitant un traitement médicamenteux ;
une hypertriglycéridémie > 5 g/L (contrôlée à plusieurs reprises, en dehors de toute consommation d’alcool et en dehors du déséquilibre d’un diabète de type 2) et résistante au traitement habituel comprenant les mesures nutritionnelles ;
une stéatohépatite non alcoolique (NASH) ou une fibrose hépatique (quel que soit le stade de la fibrose jusqu’au stade de cirrhose Child A, après accord avec l’hépatologue). La stéatose isolée n’est pas une comorbidité retenue pour l’indication de TMO (traitement médicamenteux de l’obésité) ;
un syndrome des ovaires polykystiques chez la patiente en âge de procréer ;
un problème de fertilité masculine ou féminine avec un projet d’AMP, sur proposition de l’équipe d’AMP ;
une maladie rénale chronique (jusqu’au stade d’IRC modérée : stade 3A ou 3B) après avis du néphrologue, voire une insuffisance rénale sévère ou terminale avec un projet de transplantation rénale. Dans ce dernier cas, la décision doit être discutée au cas par cas de façon collégiale avec l’équipe de transplantation ;
– un syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) avec un IAH ≥ 15/h ;
– un asthme sévère en lien avec l’obésité après avis d’un pneumologue, d’un ORL et/ou d’un allergologue ;
– des lombalgies chroniques, une coxarthrose, une gonarthrose, invalidantes documentées, après avis rhumatologique et/ou orthopédique confirmant les bénéfices attendus par la perte de poids ;
– une incontinence urinaire invalidante ne répondant pas aux modifications thérapeutiques du mode de vie associées aux traitements médicamenteux de l’incontinence urinaire et si besoin de la constipation, après confirmation par un gynécologue ou un urologue que la perte de poids est susceptible d’améliorer les troubles urinaires ;une hernie pariétale ou une éventration symptomatique ou complexe dont le traitement chirurgical impose une perte de poids avant la chirurgie pariétale ;
une hypertension intracrânienne idiopathique résistant à une prise en charge neurologique bien conduite ;
la présence d’un handicap moteur avec ou sans paraplégie, après avis d’un médecin de médecine physique et de réadaptation (MPR) ou d’un neurologue.